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mardi 17 mars 2015

Mobilisation contre les violences faites aux filles via les médias sociaux


Vendredi 13 Mars 2015, s’est tenue une rencontre de mobilisation des clubs de filles de Maroua sous l’encadrement de la Brigade de Dénonciation du même nom. La rencontre a eu lieu à l’école privée Adriel Salem. Etaient présents à cet atelier, les cinq clubs de filles et leurs encadreurs membres de la BD de Maroua 1 secteur 1 ; ainsi que la responsable d’antenne, la coordinatrice et 02 employées de L’ALVF Extrême-Nord.
            La séance de travail a commencé à 10 h par le mot de bienvenue par Mme Dawaï, Présidente de la Brigade de Dénonciation qui a fait un briefing sur l’objectif marquant la commémoration de la journée anti-discrimination à savoir organiser une mobilisation contre les violences basées sur le genre et sensibiliser  le grand public et les décideurs sur les questions de violences basées sur le genre ;
La rencontre a essentiellement porté sur trois points :

  • les différents moyens de lutte contre ces violences matérialisés par quelques sujets de réflexion et
  • les différentes formes de violences (physiques, psychologiques/morales, sexuelles, …) ;
  • l’initiation à l’utilisation des médias sociaux.

S’agissant du premier point, la méthodologie utilisée était les questions/réponses. Ici les filles ont donné des éléments de réponses aux diverses questions posées autour de la violence faites aux filles à l’école et hors de l’école.
Quant au second point, chaque club de fille et son encadreur ont travaillé sur un sujet  précis en commission:
 Groupe 1, club de filles de Palar 1: que doit-on faire pour qu’il y ait la paix dans notre pays ?
Groupe 2, club de fille de Palar 2 : que doit-on faire pour éviter le mariage précoce et forcé de la fille ?
Groupe 3, club de fille d’Adriel Salem : que doit-on faire pour qu’il y ait la paix à l’école ?
Groupe 4, club de fille de Zokok 1 : que doit-on faire pour lutter contre la pauvreté ?
Groupe 5, club de fille de Zokok 2 : que faut-il faire pour maintenir la paix dans la famille ?
 A l’issue de la restitution des travaux de chaque groupe en plénière, il est ressorti les messages clés suivants :

  • encourager l’alphabétisation  et la scolarisation des filles,
  • créer  des Activités Génératrices de Revenus (AGR) pour lutter contre le chômage des jeunes,
  • encourager les filles à travailler avec le même acharnement que les garçons afin d’avoir les mêmes chances,
  • insister sur l’enseignement de la morale, cultiver l’esprit de tolérance chez les enfants, filles et garçons, 
  • sensibiliser les parents et les filles elles-mêmes  sur les dangers des mariages précoces et forcés, 
  • encourager le dialogue entre les filles elles-mêmes et entre les filles et leurs parents, 
  • sensibiliser les filles, les garçons et leurs parents sur les droits et les devoirs de l’enfant…

Les différents messages seront repris au sein des clubs de filles comme des thèmes à aborder lors des sessions de causeries éducatives périodiques et ensuite ils seront également publiés sur  tweeter, la page Facebook et le blog de la Brigade de Dénonciation en vue de sensibiliser l’opinion publique.
Pour le troisième point, les filles et leurs encadreurs ont été initiés à l’utilisation de des médias sociaux. La rencontre  pris fin vers 14 heures sur une prise de série de photos de famille.

Par AWONO Marie Livie, Assistante Sociale CVF Maroua

jeudi 25 septembre 2014

Une démarche AntiDiscri dans les médias au Niger

Témoignage de Maimouna Djado Amadou, journaliste productrice et présentatrice de l’émission hebdomadaire «  le journal de la femme et de l’enfant » à la radio et Télévision TAMBARA au Niger et sa démarche AntiDiscri.


Maimouna travaille dans les médias depuis 1999, mais c’est vraiment en 2010 qu’elle a pris conscience de son engagement en faveur de la femme, car, étant seule dans une rédaction d’une radio de 7 hommes, elle a vu à quel point les questions des droits des femmes n’étaient pas la priorité de cette radio. 
Elle a malgré tout évolué personnellement jusqu’à occuper le poste de rédactrice en chef, avant de quitter cette radio pour Tambara. A son arrivée là aussi, malgré le fait que le groupe ait été créé par une femme, avec un crédo femme, il n’y avait aucune émission pour les femmes.  Ayant constaté que le contenu de leur grille ne correspondait pas à leur ligne éditoriale, elle a fait des suggestions :

  • Création d’une émission spécifiquement femmes appelée « le journal de la femme et de l’enfant » au cours de laquelle il s’agissait de sensibiliser l’audimat sur les problèmes des femmes (surtout rurales) ; cette émission a bénéficié de l’appui de l’UNICEF dans les régions ;
  • Réalisation de portrait en particulier sur la scolarisation des filles, à l’exemple d’une infirmière d’état qui a été la seule fille du village de Maijirgui à être scolarisée ! Ce reportage a été l’occasion de sensibiliser les parents à changer de comportement et à envoyer leurs enfants à l’école, car grâce à cela elles peuvent revenir aider leur communauté, notamment dans les régions où en se basant sur la Religion les hommes refusent que leurs femmes aillent consulter sous le prétexte que les praticiens sont des hommes !
  • Création d’une autre émission intitulée « Woyboreye Guinda » « Muriya Mata » : la voix des femmes. Emission de 30 minutes qui donne l’opportunité aux femmes de s’exprimer et casser ainsi le mur du silence et le mythe de l’incapacité des femmes à s’exprimer en public.
  • Elle a aussi réussi à imposer l’habitude qui consiste pour chaque journaliste qui sort en reportage d’apporter un élément « femme ». De même elle a lutté pour le personnel aussi soit composé aussi de femmes afin que les préoccupations de leurs sœurs soient défendues et mieux prises en compte.  
Actuellement à Tambara, la Rédaction compte 8 femmes sur 12 et l’ensemble est de 22 femmes sur 45.